Les débuts des Rullière.
Rullière vient d’un toponyme « La Rullière », quartier de la ville de Saint-Didier-en-Velay, et désignait à l’origine une personne originaire de ce hameau, avant de devenir un patronyme familial.
Il est en 17 781ème position dans la liste des patronymes présents sur la plateforme Geneanet.
La figure la plus célèbre portant le nom Rullière est Joseph Marcellin Rullière, général et ministre de la Guerre sous le Second Empire (1848), originaire de la région de Saint-Didier-en-Velay. Il a participé activement à plus d’une vingtaine de campagnes entre 1807 et 1839.
Mes recherches n’ont pas permis de trouver un cousinage avec lui.
Venons-en à nos Rullière.
Leur histoire débute au début du XVIIe siècle dans le Velay
Ils n’ont pas beaucoup bougé, installés dans un petit territoire de 10Km de rayon, épousant des femmes de leur voisinage. On les verra successivement à Saint-Didier-en-Velay (anciennement Saint-Didier-la-Séauve), Saint-Just-Malmont (anciennement Saint-Just-lès-Velay ; « lès » signifiant « près de »), Saint-Ferréol-d’Auroure en fonction de leurs métiers successifs.
Tous les villages cités sont situés aux confins de la Haute-Loire et de la Loire, non loin de Firminy, font partie du Velay dont la « capitale » est Le Puy-en-Velay. Sur la position du Velay dans le Massif Central, voir la carte ci-dessous.

Si on zoome sur le petit coin du Velay où on va retrouver nos Rullière, ça donne ça :

De même, comme souvent dans ces temps anciens, leurs épouses viennent du même village ou de villages très proches.
Le mariage était une affaire de travail, d’économie et d’alliances locales. On cherchait un conjoint capable de tenir le ménage, élever les enfants et travailler. D’ailleurs, lorsque la femme décédait alors que les enfants étaient encore jeunes, l’homme ne tardait pas à se remarier. On le verra à plusieurs reprises dans l’histoire de nos Rullière.
Les occasions de rencontre étaient les foires, les fêtes religieuses, les marchés, les travaux agricoles, les sociabilités de voisinage. Le mariage était une étape essentielle de la vie rurale.
Le mariage d’amour a supplanté le mariage de raison progressivement à partir du XIXe siècle et s’est imposé à la Belle Époque.
Le plus ancien ancêtre connu est André, né probablement avec le XVIIe siècle, à Riotord, à une vingtaine de Km de Saint-Didier-en-Velay, berceau du patronyme (ses ancêtres avaient donc quitté ce « berceau » avant que les descendants n’y reviennent ; on en parle plus loin).
Dans quel monde vit-il ? Pour en savoir davantage sur ce qui se passe en France dans cette période, rends-toi sur Le XVIIe siècle en France.
Et pour connaître le contexte propre au Velay, rends-toi sur Le Velay au XVIIe siècle.
Notre André épouse (date et lieu inconnus) Clauda Gourgaud. On ignore ce qu’il fait (il est probablement paysan), mais à la mort de son fils (voir plus bas) on trouve beaucoup de quittances à son nom, dont son fils hérite. Ça semble signifier qu’il est plus qu’un « pauvre paysan » : il a un peu de surface financière, qu’il s’agisse d’un petit capital qu’il peut prêter, de terres qu’il peut mettre en location, ou d’une fonction rémunérée. On n’a pas d’information précise à ce sujet.
Le couple donne naissance à un seul enfant connu : Claude, né aux alentours de 1620 (on n’a pas d’acte l’attestant) à Riotord.
Claude s’installe à Saint-Didier-la-Séauve. Il est laboureur, donc possède (ou loue) des terres et des outils.
Il épouse en 1644 Jeanne Royon, native de Saint-Victor-Malescours, avec laquelle il a 4 enfants.
Cette dernière décède vers 1652, très probablement à la naissance de son dernier enfant.
Claude ne tarde pas à de remarier, dès la même année avec Jeanne Drevet (il fallait bien s’occuper des enfants dont la petite dernière qui vient de naître !), avec laquelle il a 2 autres enfants.
Mais voilà, son histoire se termine tragiquement : il est battu à mort le 20 octobre 1667 et décède de ses blessures trois mois après. Son assassin, un certain Pierre Couturier est condamné à mort par contumace.
On ne sait pas pourquoi ils se sont battus. Si l’on se réfère au jugement, ses enfants (mais pas sa femme) toucheront, au titre du préjudice subit, « la somme de cinq cens livres pour dommages et intérets et réparation civille au proffit des enfants dudit rulliere ».
Cette somme représenterait entre 4700 et 10500€ d’aujourd’hui, soit, pour mieux l’apprécier, environ 5 fois le montant d’un contrat de mariage (dot de la mariée + apport du mari + éventuelles donations). Ce n’était donc pas une fortune, mais ce n’était pas dérisoire non plus (comme on pourrait le penser aujourd’hui).
Leur fils aîné François, dit « l’aîné » (car il aura un cadet) naît avant 1635 (même remarque que pour son père : pas d’acte pour confirmer). Il est laboureur, comme son père. Il vit à Saint-Didier-la-Séauve.
Il épouse en 1ères noces Antoinette Tamet, née à Saint-Victor-Malescours (village qui touche Saint-Didier) où son père est meunier. Ils auront 6 enfants ensemble.
Après le décès d’Antoinette (aux alentours de la quarantaine), il épouse en 2ndes noces, en 1680 à Firminy, Catherine Bachet.
Son 4ème enfant, Antoine, naît aux alentours de 1664 à Saint-Just d’Antoinette Tamet. Il est tisserand.
On tissait le chanvre (pour des toiles grossières, du linge domestique, des sacs, des usages agricoles) et la laine (pour des étoffes simples, des vêtements du quotidien, des draps rustiques).
En 1692 il épouse Jeanne Morel, de 9 ans sa cadette, dont le père tissait la soie. Il est tissotier de soie (variante locale de tissutier = ouvrier qui fabrique des tissus, des rubans, des ganses ou d’autres étoffes) et laboureur.
Un tissotier de soie pouvait cumuler avec laboureur parce que les deux activités n’occupaient pas toute l’année de la même manière. Le tissage se faisait souvent à domicile ou à l’atelier, tandis que le travail des champs, lui, suivait les saisons. Beaucoup de familles rurales combinaient donc un petit revenu textile avec une activité agricole pour survivre.
Les 2 grands-pères de Jeanne étaient forgerons.
Antoine et Jeanne auront 7 enfants.
Antoine décède en 1711, après une longue maladie si l’on se réfère à son acte de décès :
« Ce jourd’huy troisieme May mil sept cent onze a été enterré dans le cimetière de cette église le corps d’Antoine Rullière décédé au hameau de Fauxvouloux, paroisse de St Just, après avoir reçu les sacrements de nécessité durant le cours de sa dernière maladie, âgé de environ cinquante ans »
La suite de l’histoire des Rullière va se dérouler au XVIIIe siècle. Pour savoir dans quel monde ils vont vivre rends toi sur La France au XVIIIe siècle d’avant la Révolution.