Le règne d’Henri IV (jusqu’en 1610).
On sort tout juste des guerres de religion. Henri IV a publié son Edit de Nantes en 1598, qui accorde une tolérance religieuse limitée aux protestants.
Il entreprend la reconstruction du royaume : redressement des finances avec Sully, grands travaux, apaisement du pays. Henri IV est assassiné par Ravaillac en 1610.
La régence de Marie de Médicis (1610-1617).
Louis XIII n’a que 8 ans à la mort de son père. Sa mère assure la régence, période marquée par l’instabilité, la montée en puissance des grands nobles et l’influence contestée du favori italien Concini, assassiné en 1617 sur ordre du jeune roi.
Louis XIII et Richelieu (1624-1642).
C’est la période charnière du siècle. Louis XIII gouverne avec son ministre le cardinal de Richelieu à partir de 1624. Deux grands chantiers dominent :
– La lutte contre les protestants, avec le siège de La Rochelle (1627-1628) qui met fin à leur autonomie politique et militaire, tout en maintenant la liberté de culte.
– La construction de l’État royal centralisé : affaiblissement des grands seigneurs, création des intendants dans les provinces, renforcement de l’armée et de la fiscalité pour financer la guerre de Trente Ans, dans laquelle la France entre officiellement en 1635 contre les Habsbourg d’Espagne et d’Autriche.
Cette période pèse lourdement sur les campagnes françaises : hausse continue des impôts (la taille notamment) pour financer les guerres, ce qui provoque plusieurs révoltes paysannes ailleurs en France (Croquants dans le Sud-Ouest, Nu-pieds en Normandie en 1639).
La régence d’Anne d’Autriche et Mazarin (1643-1661).
Louis XIII meurt en 1643. Louis XIV n’a que 4 ans ; sa mère Anne d’Autriche gouverne avec le cardinal Mazarin, successeur de Richelieu. Cette régence est marquée par la Fronde (1648-1653), une série de révoltes qui mêlent la haute noblesse et les parlements contre le pouvoir royal (la Fronde). Le royaume frôle la guerre civile, et le jeune roi doit même fuir Paris.
La guerre de Trente Ans se termine par les traités de Westphalie en 1648, mais la guerre contre l’Espagne se poursuit jusqu’à la paix des Pyrénées (1659), scellée par le mariage de Louis XIV avec l’infante Marie-Thérèse.
La fin de la Fronde et l’apprentissage du pouvoir (1653-1661).
Après la Fronde (1648-1653), Louis XIV, encore adolescent, observe et apprend aux côtés de Mazarin. Cette expérience des troubles civils marque profondément le jeune roi : il en tirera la conviction qu’il ne faut plus jamais laisser la haute noblesse ou les parlements contester l’autorité royale.
La paix des Pyrénées (1659) avec l’Espagne, scellée par son mariage avec l’infante Marie-Thérèse, clôt cette période et stabilise durablement la frontière sud du royaume.
Le début du règne personnel de Louis XIV (1661-1668).
A la mort de Mazarin en 1661, Louis XIV décide de gouverner seul, sans premier ministre. Il s’entoure de grands commis compétents, au premier rang desquels Colbert, qui réorganise les finances royales, développe les manufactures (dont celles de dentelle et de tapisserie), encourage le commerce maritime et colonial, et impose une politique mercantiliste destinée à réduire la dépendance de la France envers l’étranger.
Sur le plan militaire, cette période est marquée par deux guerres offensives majeures :
– La guerre de Dévolution (1667-1668) contre l’Espagne aux Pays-Bas. Elle est déclenchée parce que Louis XIV estime qu’en regard du « droit de dévolution » son épouse Marie-Thérèse d’Autriche, fille du 1er mariage de son défunt père Philippe IV, devrait hériter de l’ensemble des possessions espagnoles ; en fait, c’est Charles II né d’un second mariage qui en hérite),
– La guerre de Hollande (1672-1678), plus longue et plus coûteuse, conclue par les traités de Nimègue (1678), qui marque l’apogée territoriale et diplomatique du règne.
Louis XIV est alors au sommet de sa puissance en Europe.
C’est aussi durant ces années que se construit Versailles, où la cour s’installe définitivement à partir de 1682, symbole absolu du pouvoir royal centralisé et de la mise sous contrôle de la noblesse, désormais occupée à la vie de cour plutôt qu’à l’intrigue politique.
La révocation de l’édit de Nantes (1685).
Ce tournant majeur, déjà mentionné à propos de son impact sur l’industrie de la dentelle lyonnaise, met fin à un siècle de tolérance religieuse limitée envers les protestants. Les temples sont détruits, le culte réformé interdit, et des dizaines de milliers de huguenots choisissent l’exil (Provinces-Unies, Angleterre, Prusse, colonies anglaises d’Amérique), emportant avec eux des savoir-faire économiques précieux, un choix qui affaiblit durablement certains secteurs industriels français.
Le tournant du siècle : guerres, épuisement, disette (1688-1700).
Le dernier tiers du règne est beaucoup plus sombre :
– La guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697) oppose la France à une large coalition européenne (Angleterre, Provinces-Unies, Habsbourg, Espagne…), inquiète de la puissance française. Elle s’achève par le traité de Ryswick (1697), sans gain territorial notable.
– Une grande famine en 1693-1694 qui frappe durement les campagnes françaises, et cause plusieurs centaines de milliers de morts à l’échelle du royaume.
– La pression fiscale devient écrasante pour financer ces guerres permanentes, touchant directement les paysans à travers la taille et les impôts extraordinaires.